Vue aérienne de la zone concernée par le projet de parc urbain. © 2013 - Google Maps

Le 19 Octobre 2012 – Lettre ouverte à Monsieur Henri BRONNER, Maire de Vendenheim.

Monsieur le Maire,

Je prends aujourd’hui ma plume pour vous conter une fable dont la morale sera : « Un Référendum sinon… RIEN ! ».

C’est l’histoire du « Bon Roi Henri » qui, voyant l’échéance des municipales approcher à grands pas, décide qu’il faut doter son fief d’un équipement dont tous ses sujets se souviendront et qui servira à asseoir le bilan de ses mandats…

Aussi, lors du conseil municipal extraordinaire du 9 juillet 2012, il proposa à tous ses conseillers municipaux de valider un projet d’aménagement d’un PARC URBAIN de 5,066 hectares, pour un montant prévisionnel de 3 Millions €/TTC, à valeur d’aujourd’hui.

L’opposition municipale s’est, soit abstenue, soit a voté contre.
Mais quelle vilaine surprise pour le monarque : un membre actif de l’actuelle majorité s’est désolidarisé en rejetant totalement ce projet. Il a ainsi conforté le vote de l’opposition et la pensée de la majorité silencieuse des Fédinois, confrontée aux soucis de la vie quotidienne et en phase avec ceux qui dénoncent légitimement le gaspillage de l’argent public de l’Etat et de certaines Collectivités Territoriales, surtout en temps de crise.

Faisant fi de cette opposition interne, notre bon roi, sûr de lui, a fait valider définitivement,
lors du Conseil Municipal du 15 octobre dernier, l’avant-projet détaillé GLOBAL de l’aménagement de son PARC URBAIN.
Il va ainsi engager sa ville de 5700 habitants pour les cinq prochaines années pour un montant de
3 Millions €/TTC, sans tenir compte de futurs avenants, mais surtout sans avoir la moindre promesse de subventions exceptionnelles… …et sans en connaître le coût annuel de fonctionnement…

Pour information, entre 2005 et 2007, la ville de Cernay (68), 11 000 habitants, a aménagé son Parc Urbain des rives de la Thur sur 12 hectares, pour une somme de 4,425 Millions €/TTC. Pour ce projet, le Député-maire de Cernay a pu faire bénéficier sa ville, de subventions de l’Europe, de l’Etat et de la Région Alsace, à hauteur de 1,554 Millions €. Cette comparaison démontre que le projet du PARC URBAIN de Vendenheim, coûtera 5 fois plus cher à nos concitoyens qu’aux habitants de Cernay.

Le « bon Roi » l’a décidé : le vote du 15 octobre lui a été favorable et lui permet ainsi, de lancer les consultations pour l’ensemble du projet. Il est à noter que le projet initial a déjà été amputé du City-Foot, des pistes cyclables en périphérie et le Skate-Park devra être aménagé par l’association des sports extrêmes.
Enfin, l’aire de jeux des enfants promise pour 2012 devrait être réalisée en priorité en 2013 ! Pour le reste du projet, ses successeurs devront assumer !!!
Par contre, une fois engagé, ce projet devra être mis en œuvre et payé ! Il appartiendra à ses sujets Fédinois de payer « cette folie des grandeurs » au travers des futurs impôts locaux. Il est à noter que la moyenne des impôts locaux par habitant à VENDENHEIM se situe déjà à 27% au-dessus de la moyenne de la strate nationale. Il n’en a que faire ! Il quitte le trône en 2014.

Le projet de notre « bon Roi », de sa « dauphine » désignée, Mme GRANDIDIER, et de ses alliés au Conseil, occulte un des problèmes majeurs de notre commune, à savoir celui de l’écoulement des eaux pluviales et de l’assainissement.
En effet, à chaque forte pluie, de nombreux Fédinois de différents quartiers, subissent la montée des eaux dans leurs habitations, à l’image des habitants présents lors du conseil municipal du 9 juillet dernier, qui ont interpellé notre « bon Roi » à ce sujet.

Alors OUI, il est le vice-président de la CUS en charge de ce dossier mais quelle importance par rapport à son projet ?
Qu’importe si les différentes évacuations du nouveau parc ne pourront pas absorber les pluies centennales notamment parce que l’allée centrale sera rectiligne et en forte déclivité ? Qu’importe si les eaux usées du futur éco-quartier (1300 habitants) vont se déverser dans les jardins situés en contrebas au point que leurs propriétaires ne pourront plus consommer les produits qu’ils y cultivent avec amour ?

Le parc urbain est la priorité royale et malgré ses fonctions suprêmes à la CUS, il n’envisage pas du tout d’agrandir les canalisations existantes. Au contraire, il incitera fortement les propriétaires à régler eux-mêmes le problème des eaux de pluie et ainsi palier à la nouvelle politique de la CUS en matière de réception des eaux pluviales. Mais à quoi servira alors la partie des impôts collectée par la CUS et affectée jusqu’alors à l’écoulement des eaux pluviales ?

Bien sûr en 2011, il avait distribué aux 2700 foyers Fédinois, un questionnaire portant entre autres sur ce futur parc. Mais il avait obtenu seulement 150 retours, soit 2,6% des Fédinois et ……combien de satisfaits ?

Dès lors, pas besoin de réunions publiques, ni de DUP, notre « bon Roi » a monté son projet secrètement avec son équipe majoritaire. Il a tenu l’opposition à l’écart jusqu’à la création d’une commission ad hoc qui devait, au final, avaliser son choix.

Parallèlement, notre « bon Roi » continue de soigner son image. Il annonce avec fierté se prévaloir de certaines valeurs : Liberté, Egalité, Fraternité (cf. DNA du 17/07/2012) et le 13 juillet dernier, il évoque même « la modestie de sa gouvernance »…
Que l’un de ses colistiers parle du parc urbain comme d’un « petit Versailles », ne l’émeut point !

Alors moi, sujet et tribun, vous demande au nom de la DEMOCRATIE et des Valeurs Républicaines que vous évoquez régulièrement, de stopper ce projet « petit Versailles et de mettre enfin vos actes en adéquation avec vos paroles. Le Citoyen attend d’un Elu, un rôle protecteur, qui sait rester humble par temps de crise.
Vos sujets Fédinois qui ont d’autres priorités que l’aménagement d’un Parc Urbain essentiellement à leur charge, ont légitimement voix au chapitre, non ? Est-ce vraiment leur priorité alors que l’assainissement dans la commune est une source d’ennuis pour bon nombre d’entre eux et que leurs ennuis seront démultipliés très bientôt ?

C’est pourquoi Monsieur le Maire, notre « bon Roi » pour ceux qui ne vous avaient pas reconnu, et Mme la Dauphine, nous arrivons à la morale de cette histoire : « il nous faut un Référendum……. sinon ….RIEN. »